(La Presse-MC) - Au lendemain d’une énième tempête sur le Québec, la semaine dernière, nous vous demandions de répondre à un mini sondage sur l’hiver, histoire de mesurer votre ras-le-bol. Surprise : vous êtes plus nombreux à aimer la neige qu’on pensait.
Plus du tiers d’entre vous appartenez à la catégorie des irréductibles de l’hiver. Une tempête déferle? Vous êtes content. Vous aiguisez vos skis, allumez un feu dans la cheminée, sortez dehors faire du patin, de la raquette, vous préparez un plat mijoté, louez un bon film. Bref, ça ne vous embête pas. Bien au contraire. C’est beau la neige !
Tous ne partagent pas le même enthousiasme, cependant. Quand on vous demande quelle envie vous prend à l’annonce d’une tempête, vous êtes assez nombreux à rêver d’une semaine sous les palmiers (27%) ou à songer à changer de pays (22%)…
Mais vous êtes seulement 18% à avouer détester l’hiver.
Ce poucentage pourrait grossir avec le mauvais temps prévu aujourd’hui dans l’Est du Québec, qui devrait laisser jusqu’à 40 centimètres de neige. Car même ceux qui aiment habituellement l’hiver en ont un peu marre cette année (31%).
Parmi les désagréments de l'hiver, il fallait s’y attendre, ce sont les séances intensives de pelletage qui vous dérangent le plus. C’est le pire inconvénient lié aux chutes de neige pour le tiers d’entre vous (35%), devant le fait d’entendre continuellement parler de la météo (23%), le trafic (20%), la marche sur les trottoirs enneigés (19%) et la difficulté de trouver une place de stationnement (18%).
Malgré tout, vous êtes près de la moitié (45 %) à préférer une tempête de 50 centimètres à une semaine de froid intense (14%) ou à un hiver sans neige (34%). Comme quoi les tempêtes ne sont pas la fin du monde !
Vos histoires de neige
En cet hiver exceptionnel, nous vous avons aussi demandé de nous dire si vous aviez vécu une histoire qui sort de l’ordinaire. Nous avons reçu 395 réponses sur un total de 13 000 répondants. Merci d’avoir été si nombreux à participer.
Voici quelques-unes des meilleures (més)aventures de neige que vous nous avez relatées.
>> Mon garage s'est effondré... avec ma voiture dedans !
>> Mon épouse m'a envoyé chercher des sushis en pleine tempête. Je suis resté pris. J'ai mangé les sushis. Elle a mangé des toasts.
>> Au chalet de mon amie, le vent et la neige ont ouvert sa porte d'entrée alors qu’elle n'y était pas ! Tout a gelé, même le rhum dans l'armoire !
>> Vivant à la campagne dans une maison à un étage, nous avons dû déneiger notre toit où la neige s'accumulait. Quelle surprise de voir la neige former une montagne partant du toit jusqu'au jardin ! C'est alors que notre fille de 4 ans a eu le bonheur, en pleine tempête, de glisser du toit de la maison avec son papa et ce, durant près d'une heure! On a immortalisé le moment!
>> Nous avons bravé la tempête du siècle pour célébrer l'enterrement de vie de fille d'une de nos très chères amies. Tout semblait bien se passer jusqu'en moitié d'après-midi alors que le vent s'est mis de la partie. Nos voitures ont vite été enterrées sous la neige et impossibles à déplacer. La poudrerie était telle à Montréal qu'on avait l'impression de se faire gifler sans arrêt. Marcher dehors était devenu un sport extrême: le vent nous soulevait presque, les plaques de glace, la neige jusqu'aux genoux... Même une fenêtre du restaurant a succombé à la force du vent, volant en éclats à travers le restaurant... On a toutefois passé une journée extraordinaire... Et cette tempête du siècle nous permettra de garder de vifs les souvenirs de cette journée mémorable!
>> Je me suis retrouvée enfermée dans mon abri Tempo double, car la charrue avait envoyé trop de neige sur les portes de toile. C'est un voisin qui a dû me sortir de là.
>> Lors de la dernière tempête, j'ai voulu donner un coup de main à mon voisin qui était à bout de forces. J'ai donc commencé à dégager son entrée pour piéton avec ma souffleuse. Il y avait d’immenses amoncellements de neige de chaque côté. Arrivé vers le milieu de l'entrée, un des deux amoncellements s'est effondré sur moi et sur la souffleuse. Je me suis dégagé assez facilement, mais j'ai dû pelleter pendant environ une demi-heure afin de libérer la souffleuse. Je comprends un peu mieux le principe des avalanches maintenant.
>> Cet hiver, j'ai eu à voyager à quatre reprises entre Kuujjuaq et Montréal, aller-retour, et, à chaque fois, j'arrivais à Montréal en période de tempête. À Kuujjuaq, le commentaire était le même: il y a plus de neige à Montréal qu'à Kuujjuaq. Mais seul avantage pour Kuujjuaq, la circulation en ski-doo est plus rapide qu'ici à Montréal.
>> Je dois surveiller mes clôtures de 5 pieds pour pas que mon chien, un carling, aille rendre «visite» à mes voisins tellement il y a de neige poussée par le vent dans la cour arrière!
>> Samedi dernier, nous sommes allés souper chez un ami. Aucun problème sur les autoroutes 13 et 640, ni à l'aller, ni au retour si ce n'est quelques brefs moments où l'on ne voyait rien. Au retour, nous sommes restés pris dans l'entrée menant à notre stationnement de condo : nous bloquions ainsi le chemin aux 17 autres propriétaires, le trottoir (il était encore à peu près existant) et l'arrière de la voiture était dans la rue, dans une courbe! Donc pas question de la laisser là. Nous avons pelleté, poussé, utilisé les grilles : rien à faire. Finalement, la chance nous a souri : une remorqueuse du CAÀ passait sur la rue. Le conducteur s'est arrêté, a demandé à mon conjoint s'il était membre et, suite à sa réponse affirmative, sans autre vérification, a tiré la voiture de sa fâcheuse posture. Alors que nous nous préparions à en pelleter un bon coup pour pouvoir garer la voiture en lieu sûr, les déneigeurs sont arrivés et nous ont ouvert le chemin jusqu'à notre garage ou presque. Mais ces derniers 50 mètres nous ont pris 2 heures!
>> Je fais actuellement faire des travaux de finition dans mon sous-sol. En fait, les travaux ont commencé fin octobre, mais comme l'hiver est arrivé très tôt cette année (comme bien d'autres, je n'avais pas fini de ramasser mes feuilles), je me suis fait prendre par la première bordée de neige qui est judicieusement tombée la journée où je faisais agrandir mes fenêtres de sous-sol. Comprenez ici qu'on a oublié la finition extérieure, parce qu'il faisait trop mauvais (et c'était un vendredi), mais comme on était encore début novembre, je me suis dit que ça allait fondre dans quelques jours... Vous rappelez-vous ce qui est arrivé quelques jours plus tard? Notre première grosse tempête du dimanche avec congé lundi pour les enfants. Les blocs de ciment et les nouvelles fenêtres, on ne les voyait plus! Ça faisait quand même un problème de réglé! Et faut rester optimiste, ça sera tout fondu bientôt et il sera toujours temps d'y voir.
>> J'ai vécu la dernière tempête de neige dans ma charrue à déneiger. Assurancetourix disais, je ne crains qu'une chose c'est que le ciel me tombe sur la tête et bien c'est exactement ce qui m'est arrivé. On ne voit plus rien. Il y a plein d'autos dans le fossé, tout ce beau monde très peu habillé et en panique totale demande de l'aide que l'on ne peut pas donner parce qu'il faut continuer à déneiger pour permettre à ceux qui sont encore sur le chemin de poursuivre leur route. C'est l'enfer, je l'ai entendu plusieurs fois cette expression. Et puis le vent se calme, le jour se lève. Ah mon Dieu qu'il fait beau après une tempête comme celle là! Merci on est encore en vie!
>> Un matin de tempête en sortant dans la rue le véhicule s'embourbe dans la neige, rien faire. Je dois aller voir le voisin pour emprunter son véhicule pour que je puisse reconduire mon garçon à l'école, j'emprunte le véhicule du voisin et je me prends dans son entrée. J'appelle une déneigeuse et elle arrive pour déneiger mon entrée et ne peut pas le faire car sa mécanique est défectueuse. Rester au lit un lundi matin aurait été préférable.
>> Il est particulier d'oublier ses clés dans la voiture, qui est démarrée, la musique dans le tapis, les portes verrouillées, à deux heures du matin, en pleine tempête de neige (samedi soir dernier), dans une petite rue non dégagée, avec des amis qui comptaient sur toi pour un raccompagnement chez eux, alors que la CAA ne répond plus au téléphone et que les taxis sont inondés d’appels. On dit donc à tout le monde de rentrer chez l'hôte du party (qui voulait se coucher) pour regarder une reprise de Mon Cousin Vinnie, tandis que tu prends tes mitaines, ta tuque et ton courage pour aller soudoyer un chauffeur de taxi ou convaincre un bon samaritain de te donner un «lift» chez toi (à 10 km de là) et aller chercher les doubles de tes clefs de voiture. À quatre heures du matin, après deux sessions de «poussage», une engueulade avec un jeune couple de 18 ans qui marchaient dans la rue «pour éviter d'avoir de la neige sur leur Levis», tout le monde est heureux et en sécurité chez eux.
>> La nuit où mes arbres sont disparus... Demeurant à Berthier-Sur-Mer, la tempête du 8 mars avec ses vents de 100 km/hr restera à tout jamais gravée dans la mémoire de notre famille comme celle où les arbres et le poulailler ont littéralement disparus sous un tsunami de neige ! Une vague monstrueuse de 5 m de haut figée dans l'hiver tout juste avant qu'il n'engouffre la maison ! Le réveil au matin fut magique, une vision de ce que devait être la vie avant les chasse-neige et autres infernales machines à neige brune. Pas aucune autos en vue la route 132 complètement bouchée ! Tous circulaient à pied pour se rendre à l'épicerie et chez le boulanger. Tout le monde arborant un sourire et des yeux d'enfant devant ce spectacle grandiose laissé par mère nature ! Des congères de neige immenses partout cachant véhicules, cabanons et même chalets par endroit ! Que de puissants souvenirs pour tous les hivers tristounets à venir où il y aura peu de neige ! Alors sur un air bien connu je chante: «Hiver 2008, il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai!»
>> Se prendre dans un banc de neige, plus de courant sur la batterie, un pneu à plat et le pare-brise qui fend, tout ça le même matin… Surtout un lundi matin… Et la dépanneuse qui se fait attendre plus d'une heure... Incroyable mais vrai. Vive l'hiver!
>> À cause des grands froids et du verglas, je suis restée enfermée dans ma voiture! Mes 2 portières étaient complètement gelées et je suis entrée dans ma voiture par la valise. En pensant que la voiture se réchaufferait et qu'à mon arrivée au travail, les portes seraient dégelées... Malheureusement, ce ne fut pas le cas et j'ai du appeler une collègue pour qu'elle vienne m'ouvrir la valise pour sortir! Très dangereux et un peu claustrophobe!
>> Lors de la dernière tempête, impossible de trouver un stationnement à Montréal, J'ai été obligé de stationner ma voiture illégalement chez Jean Coutu. Le lendemain le stationnement avait été déblayé au complet, j'ai sauvé deux heures de pelletage. Chez Jean Coutu, on trouve de tout même un stationnement!
>> Notre souffleuse (neuve et de bonne qualité) a lâché dimanche, à la suite de la dernière tempête, 100 jours seulement après son achat. La ville m'a foutu un banc de neige de 2 m de larges par 1,15 m de haut au bout de mon entrée et en déneigeant la rue longeant la dite entrée, ils en ont remplie la moitié. La joie! Et comme il n'y a ni souffleuse ni pièces de disponible, Réno-dépôt ne peuvent ni réparer ni remplacer notre souffleuse sous garantie... mais ils nous ont offert de payer pour un contrat de déneigement!
>> Je n'avais pu stationner dans mon entrée parce que ma rue n'était pas déblayée. Je stationne donc dans une rue déblayée à quinze minutes à pied de ma maison. Il est dix heures du soir. À minuit, ma rue n'est toujours pas déblayée. Je téléphone à la Ville pour dire que je ne peux pas ramener ma voiture à la maison et que je ne veux pas de contravention. On me répond que le règlement, c'est le règlement et que je devrai enlever ma voiture avant minuit. Pour la mettre où???Je dois trouver la solution toute seule. La rue n'étant toujours pas déblayée, je me rends à ma voiture. La charrue a fait un immense banc de neige que je dois pelleter. Pas de pelle dans l'auto !!! J'ouvre la portière de l'auto en sautant le banc de neige et je m'installe au volant. Derrière moi arrive la petite voiture du surveillant du stationnement de nuit. Il me dit que si je ne suis pas partie dans cinq minutes, il devra me rédiger une contravention. Ben là...J'ai sorti ma baguette magique; j'ai fait disparaître ma voiture, le surveillant et l'hiver aussi. Me v'là dans le sud sur la plage, au soleil.
>> En reculant avec ma voiture dans mon entrée de garage, je suis resté pris sur une plaque de glace, et j'ai avancé pour tenter de me déprendre, et j'ai alors frappé un morceau de glace qui a brisé mon pare-choc avant de même que la moulure entourant l'aile droite de ma voiture. Il fallait bien que je sois dans ma propre entrée pour que quelque chose de semblable m'arrive, d'autant plus que je n'avais jamais eu d'accrochage en plus de 12 ans de conduite automobile!
>> Il y'a eu une avalanche de neige qui a tombé sur mon chalet donc je ne peux plus m'y rendre… Je dois attendre la fonte de cette neige abondante!
>> Je dédie ce message d'impatience à toutes les femmes enceintes qui comme moi goûtent au prépartum qui, je suis convaincue, sera bientôt déclaré dépression nécessitant des vacances dans le sud avec dose quotidienne de plage et de sable sous les tropiques.
>> Après avoir pelleté près de 2 heures ma voiture samedi soir (à la fin de la tempête). Je me rends à la station-service pour mettre un peu d'essence question de ne pas en manquer si jamais je m'engouffre dans un banc de neige. Voyant que le type en avant de moi est littéralement pris dans la neige à la station d'essence, je lui donne un coup de main pour pelleter et pousser sa voiture pour sortir de là. Après un bon 30 minutes de pelletage, poussage et de niaisage, je me rends compte que le type a encore ses pneus d'été !!! Première réaction : j'ai éclaté de rire. Seconde réaction : je l'ai gentiment remercié (avec des mots doux bien sûr) de m'avoir fait perdre mon temps et l'ai laissé s'arranger tout seul avec ses pneus d'été en pleine tempête. J'ose espérer qu'il s'en est sorti depuis ... du même coup, les pneus d'hiver sont en spécial cette semaine chez Canadian Tire !
>> En partant de Cuba, mon vol a été retardé de trois heures, donc trois heures de plus dans le chaud!
>> Une expédition à pied à l'épicerie au plus fort de la tempête (distance: à deux blocs de chez moi; raison: parce que j'ai le goût de m'amuser et parce que je n'ai plus de taboulé dans mon frigo) - passant de la maison au balcon, je suis resté 30 secondes immobile (ou plutôt à lutter contre le vent pour rester immobile) car je devais soupeser la pensée qui m'est venue et que je n'aurais jamais pensé penser : "je ne me rendrai peut-être pas à l'épicerie...", en effet les vents et les particules de neige glacée que ceux-ci charriaient de façon déchaînée ont presque eu raison de ma volonté de me rendre à l'épicerie... (Habituellement j'aime me déplacer lors d'une tempête). 10 minutes plus tard j'étais au chaud devant l'étalage des plats préparés, mais je venais de traverser un 300 mètres très spécial, marqué par d'innombrables arrêts pour me ressaisir et surtout pour fermer les yeux un bon moment en guise de soulagement car il était intenable de les laisser ouverts plus de 5 secondes (et encore qu'au tiers de leur ouverture), chaque pas représentait une avancée significative (il fallait lever le pied d'environ 30 cm à chaque fois) et ce qui m'a le plus étonné c'est le décor qui m'entourait: lors de l'un de mes arrêts physiologiquement obligatoires, je me suis attardé tant bien que mal à savourer le tableau tant il était unique (je me trouvais alors à une intersection, je le sais car je connais le chemin...), dans les 4 directions c'était quatre couloirs sur le néant, les maisons y disparaissaient progressivement sur la distance, s'effaçant très vite dans la noirceur, la densité de l'écran formé par le voile de neige était si particulier et le tourbillon d'énergie qui m'enveloppait était si violemment original que je me suis cru dans un autre monde. Mais là, je devais refaire ces 300 mètres avec en plus un immense fardeau: 2 sacs d'épicerie... 2 proies faciles pour les éléments, prêtes à se jeter par téléportation instantanée dans la gueule du cyclone, je me devais de les protéger je ne sais comment... Étrangement, je suis rentré chez moi les piles rechargées; c'est que je venais de vivre quelque chose d'unique et les quelques âmes croisées dans ma traversée venaient de vivre exactement la même chose, c'est ce que je sais!
Publié par : Marcel Charland
à 05:54:46
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